LAFAYETTE (Amérique du Nord)

Auteur : Tim Wakefield


Développement des programmes d’aide aux aidants


Les études récentes confirment que la majorité des aidants, ils sont estimés à 44 millions aux Etats-Unis, restent mal préparés à leur rôle et à ses exigences, et que l’une des raisons majeures de la décision de mettre un dépendant dans un établissement spécialisé est la santé même de l’aidant principal.
L’aidant principal selon ces mêmes études face un risque croissant sur son propre équilibre mental et sa santé. Les avancées technologiques de la médecine, la politique de séjours toujours plus courts à l’hôpital, l’insuffisante préparation du retour au domicile de la personne dépendante après un séjour à l’hôpital, les équipements toujours plus sophistiqués relatifs aux soins à domicile, tout concourt à mettre une pression financière et mentale sans cesse plus élevée sur les aidants pour des durées de plus en plus longues. Pour compléter ce tableau, les aidants salariés peuvent même se trouver rapidement dans des situations où ils ne bénéficient plus de couverture santé par leur entreprise en raison du temps passé auprès du proche dépendant, les amenant à ne plus se faire suivre par leur médecin généraliste ou ne plus se soigner eux-mêmes.

L’ensemble de ces tendances peuvent annoncer une moindre aptitude des aidants à jouer leur rôle clé, une augmentation des dépenses de santé et une dégradation sensible de la qualité de vie à la fois des aidants et des dépendants dont ils s’occupent. La contribution des aidants, conjoints, enfants, proches, est estimée aujourd’hui à 300 milliards de $ par an, le double des dépenses annuelles des soins à domicile et en établissements spécialisés réunies.

Les aidants montrent des symptomes plus importants de dépression

Les études font ressortir un niveau plus important de symptomes de dépression chez les aidants qu’auprès de groupes de personnes n’ayant pas de rôle d’aidants: 40 à 70% des aidants montrent des signes de dépression, et 25% à 50% de ces aidants atteignent les critères d’une dépression majeure. Ceci est particulièrement net auprès des aidants s’occupant d’un proche dément.
Les aidants dépressifs sont plus enclin à montrer des signes d’abus d’alcool, de dépendance de médicaments calmants, voire de pensées suicidaires.

Les aidants souffrent d’un niveau de stress et de frustration important

Les aidants ont un niveau de stress autrement plus important que les non-aidants: ils se décrivent comme frustrés, aigris, épuisés, coupables, sans réel pouvoir d’apporter leur aide, comme effets de leur prise en charge d’un proche dépendant. Le fait de prendre un proche dépendant en charge peut conduire aussi l’aidant à perdre sa propre identité, sa propre estime. Selon ces études, un aidant sur cinq dit aller se coucher épuisé le soir, et un grand nombre des aidants disent ne pas se sentir capables de maîtriser l’ensemble de leurs responsabilités d’aidant.
Les femmes ressortent plus à risque que les hommes dans le rôle d’aidant.
 
L’impact sur la santé physique de l’aidant est réel

Les niveaux élevés de symptomes dépressifs, la pression mentale, émotionnelle qui accompagne le fait d’aider un dépendant, les exigences physiques liées au fait de s’occuper d’un dépendant par exemple incapable de se laver ou de s’habiller par lui-même ou de se déplacer sans assistance, se conjuguent pour représenter un risque réel et important de dégradation de la santé de l’aidant, donc un besoin renforcé de suivi médical approprié.
Sur les dernières enquêtes rendues publiques, un aidant sur dix reconnait une dégradation sensible de sa santé. trois aidants sur cinq estiment que leur état de santé est moyen ou pauvre, alors que dans des groupes de personnes similaires mais sans responsabilité d’aidants, cette perception d’état de santé moyen ou pauvre n’est indiquée que par une personne sur trois seulement. Un aidant sur deux  fait état de problèmes de santé comme une attaque cardiaque, l’apparition de cancer, de diabète, etc., un taux deux fois supérieur à celui de non-aidants. De manière cohérente, les aidants montrent une moindre défense immunitaire et une plus grande sensibilité à différentes infections.

Les aidants négligent progressivement leur santé

Il ressort des études que les aidants sont moins enclin à adopter des mesures rigoureuses pour protéger leur santé, que ce soit de manière préventive à travers l’alimentation, l’exercice, etc., mais aussi concernant la prise de médicaments prescrits par leur médecin. Trois aidants sur quatre reconnaissent ne plus aller voir leur médecin génraliste aussi souvent qu’ils le devraient, et la moitié des aidants disent avoir annulé au dernier moment leur rendez-vous chez le docteur. Les aidants attribuent à leur fatigue et le manque de temps le fait de ne plus faire attention à leur alimentation et leurs exercices physiques.

Le taux plus important de mortalité des aidants montre le prix ultime payé par les aidants

Sur les groupes d’âge compris entre 66 et 96 ans, le taux de décès des aidants qui s’occupent de leur conjoint est 63% plus fort que le taux de non-aidants du même âge. Il y a une claire corrélation qui ressort également entre l’hospitalisation d’un époux âgé et l’augmentaion du risque de décès de son conjoint.

La santé des aidants est un challenge de société

Au fur et à mesure des études approfondies ciblant les aidants, la santé des aidants apparait comme l’un des challenges majeurs publics sur lesquels les professionnels de la santé, les législateurs et les aidants eux-mêmes doivent se focaliser.

Cinq domaines d’attention particulière semblent les plus prometteurs pour contrer la dégradation de la santé des aidants ou les aider concrètement à rester en bonne santé:

1) l’évaluation par un spécialiste des besoins d’aide d’un aidant et concrétisé par un plan d’aide écrit,
2) la formation des aidants à leur rôle et l’accès aisé à des services ou supports,
3) la possibilité effective de prendre un break au moment où l’aidant le souhaite ou le nécessite,
4) l’aide financière pour diminuer le stress financier imposé par la prise en charge d’un proche dépendant,
5) la surveillance effective par le médecin généraliste des risques de santé de ses patients aidants.

Ndlr: Les informations détaillées ayant permis de rédiger cette synthèse peuvent être notamment trouvées sur le site de la Family Caregiver Alliance, www.caregiver.org


 

26/02/2007
le


Recommander cette page
   

©2006 Silver Life Institute, Institut de Recherche sur l'économie du vieillissement
12, rue Clapeyron 75008 PARIS
mentions légales
contact
Ok