EUROPEAN (Europe)

Auteur : Gilles Duthil


L’Europe et les questions du vieillissement

Depuis la Présidence allemande de l’Union Européenne, une nette acceleration des initiatives de l’Union Européenne pour une comprehension du vieillisement, et ses consequences, ainsi que des premières pistes d’action.

Constat fait par le Parlement Européen
En 1950, 2,5 milliards d’habitants sur Terre. 6,6 milliards aujourd'hui et  un peu plus de neuf milliards d'habitants en 2050. Il y a un siècle, l'Europe représentait 15% de la population mondiale : soit trois fois plus que sa part espérée pour 2050. Le contraste est d'autant plus frappant que les pays en développement connaissent une forte croissance démographique : ils fournissent 95% de l'augmentation de la population mondiale.
 
C'est mathématique : pour assurer le renouvellement des générations, le taux de fertilité doit être de 2,1 enfants par femme. Or, la moyenne européenne est de 1,52. La conséquence immédiate en est un déficit démographique: le nombre de décès dépasse celui des naissances.
 
Cette chute de la fertilité se produit après les décennies très fertiles de l'après-Seconde guerre mondiale, la fameuse période du "baby-boom".
Comme l'expliquait le Commissaire européen Vladimir Špidla en octobre 2006, « il y a, aujourd'hui, dans l'UE, quatre personnes en âge de travailler pour chaque personne de plus de 65 ans. En 2050, ce ratio passera à deux actifs pour chaque retraité".
 
L'âge moyen d'un citoyen de l'Union européenne est de 39 ans. Il devrait être de 49 ans en 2050, avec 11,4% d'octogénaires. En effet, l'espérance de vie, et c'est une bonne chose, s'allongerait de six ans pour les hommes et de cinq ans pour les femmes, en raison des progrès significatifs en matière sociale, économique et médicale. On vieillit bien, dans l'Union européenne, si l'on compare au reste du monde.
 
Mais les populations âgées requièrent davantage de soins, donc de dépenses de santé, ce qui a des conséquences sur le financement des mécanismes de solidarité nationale ainsi que sur celui des retraites. De plus, les changements démographiques qui structurent une société influencent le dynamisme économique, l'innovation et la créativité. Entre 2031 et 2050, la croissance du PIB de l'UE perdrait 1,2%par le simple fait de l'évolution de l'âge du capitaine (et de celui de l'ensemble de l'équipage, d'ailleurs).
 
Les différences en matière de compétitivité seront encore plus flagrantes, dans les années à venir, lorsqu'elles seront comparées avec les performances économiques des régions du monde connaissant une croissance démographique.
 
Quels remèdes avec quelles conséquences ?
 
Il existe trois pistes pour atténuer le déficit démographique de l'Union européenne. La première consiste à recourir à l'immigration. Toutefois, les immigrants vieillissent aussi et il seront en droit de bénéficier de la solidarité sociale après avoir travaillé pour l'économie européenne. Sans oublier que les questions liées à l'immigration sont diversement accueillies par l'opinion publique et suscitent parfois des tensions.
 
Une deuxième possibilité consisterait à augmenter la productivité des actifs, en allongeant l'âge du départ en retraite. Ce n'est pas toujours une solution bien accueillie par une population qui souhaiterait, au contraire, davantage de loisirs et de temps libre.
 
Enfin, la dernière possibilité, à plus long terme, est de relancer la natalité. En d'autres termes, il s'agirait d'inciter les femmes à donner naissance à davantage de bébés, sans les renvoyer à la maison.
 

L'action du Parlement européen
Les députés européens ne restent pas inactifs sur ces questions, comme le révèlent les très nombreux rapports qui traitent des conséquences du vieillissement de nos concitoyens et des possibles mesures à prendre.
 
La commission parlementaire de l'Emploi et des Affaires sociales prépare une réponse à la communication de la Commission européenne sur les défis et opportunités des changements démographiques (Rapport de la française Françoise Castex, groupe socialiste). Cette même commission a adopté, en février 2006, un rapport sur la solidarité entre les générations dans le contexte des défis démographiques (rapport du britannique Philip Bushill-Matthews, groupe PPE-DE).
 
Celle de l'industrie réfléchit sur l'amélioration de la qualité de vie des personnes âgées via le recours aux nouvelles technologies de l'information. Le rapport correspondant de Mme Neena Gill, députée européenne du Royaume-Uni (groupe socialiste), devrait être voté en commission le 19 décembre 2007.
 
A propos de l'Immigration, la commission parlementaire des libertés civiles a adopté, en septembre dernier, le rapport de la députée européenne italienne Lilli Gruber (groupe socialiste) sur la migration légale. L'une des dispositions envisage la création d'une "Carte bleue" européenne, équivalente à la Green card américaine, qui serait délivrée aux immigrants possédant des qualifications professionnelles pour leur permettre de vivre et de travailler au sein de l'UE.
 
Le 8/11/2007

19/11/2007
le
Mettre les technologies de l'information au service des personnes âgées

Le vieillissement  de la population est un enjeu majeur pour les pays européens aux plans social et économique. La commissaire européenne chargée des technologies de l’information(TIC), Viviane Reding, en annonçant  le 14 juin dernier, un plan d’action et de recherche sur » les  TIC  pour mieux vieillir »,  a considéré que cette initiative va faciliter l’activité et l’autonomie des personnes âgées et créer des opportunités pour l’industrie européenne. Ce plan est dénommé « bien vieillir dans la société de l’information ».

LES OBJECTIFS DU PLAN
Afin de mettre les technologies de l’information au service du grand age, l’union européenne se fixe les objectifs suivants :
-évaluer le marché et faciliter les échanges de bonnes pratiques entre les états membres, n particulier pour lever les obstacles techniques et règlementaires ; un portail internet sera mis en place
-favoriser l’émergence de projets pilotes et labelliser les maisons intelligentes pou les personnes âgées
-soutenir des programmes de recherche initiés par des partenaires publics-privés sur le thème de »l’assistance à l’autonomie à domicile » pour favoriser la mise sur le marché de produits et services innovants fondés sur les TIC.

LE FINANCEMENT ET LA MISE EN ŒUVRE
L’union européenne va consacrer un investissement de 1 milliard d’euros à ce programme d’ici 2013, conjointement avec les pays membres et le secteur privé :
-600ME pour des appels à projets sur  l’assistance à l’autonomie –AAL « Ambient Assisting Living ».
-400ME dans le programme de recherche de l’UE
-30ME en 2007 sur le programme TIC européen.

C’est en novembre que la mise en œuvre du programme sera annoncée. Concernant le programme AAL, il est destiné à sélectionner des projets innovants initiés par des coopérations entre PME, grandes entreprises et chercheurs. Les projets seront transnationaux et la présence de PME fortement recommandée. Deux appels à projets disjoints seront lancés chaque année sur une thématique à déterminer. Les projets retenus seront  subventionnés. Un secrétariat sera créé au plan européen. En France, c’est l’agence nationale de la recherche et la CNSA qui seront les points d’accueil.

Grace à cette initiative de l’Europe, les TIC vont permettre aux personnes âgées de rester actives et productives plus longtemps avec des services plus accessibles. Ces consommateurs représentent une richesse globale qui dépasse les 3000 milliards d’euros. L’adaptation des TIC à leurs besoins va améliorer, sans aucun doute, leur qualité de vie et leur rôle dans la société.

 

Marie-Claire SEBAG
Responsable Affaires européennes


 

22/08/2007
le
Investissement dans les TIC pour le vieillissement


Pour répondre aux besoins de la population européenne vieillissante, de plus en plus nombreuse, la Commission a adopté aujourd’hui un plan d’action européen intitulé «Bien vieillir dans la société de l’information». Ce plan d’action est accompagné d’un nouveau programme de recherche européen commun, qui fera passer à plus d’un milliard d’euros les investissements dans la recherche sur les technologies de l’information et des communications (TIC) destinées à améliorer la vie des personnes âgées à domicile, sur le lieu de travail et dans la société en général. Ces nouvelles initiatives de l’Union européenne aideront les Européens âgés à rester actifs et à vivre de manière autonome plus longtemps. L’Europe pourrait en obtenir un triple avantage: une amélioration de la qualité de vie et de la participation à la vie sociale pour les personnes âgées, de nouvelles perspectives commerciales pour les entreprises européennes, et des services de santé et des services sociaux plus efficaces et plus personnalisés.

«Le vieillissement de la population européenne est un défi pour notre marché de l’emploi et nos systèmes de services sociaux et de soins de santé. Mais c’est aussi une opportunité économique et sociale. Les TIC donneront naissance à des produits et services nouveaux et plus accessibles, répondant aux besoins des personnes âgées», a déclaré Viviane Reding, membre de la Commission européenne responsable de la société de l’information et des médias. «Ces deux initiatives mobiliseront des technologies numériques qui amélioreront la vie quotidienne et la participation à la société des personnes âgées, et ouvriront de nouvelles perspectives aux entreprises européennes.»

En 2020, le quart de la population de l’UE aura plus de 65 ans. Les dépenses en matière de retraites, de soins de santé et de prise en charge à long terme devraient augmenter de 4 à 8% du PIB dans les décennies à venir, avec un triplement des dépenses totales d’ici à 2050. Toutefois, les Européens âgés sont aussi des consommateurs non négligeables, dont la richesse globale dépasse les 3 000 milliards d'euros.

Les TIC permettront de plus en plus aux personnes âgées de rester actives et productives plus longtemps, de conserver un rôle actif dans la société grâce à des services en ligne plus accessibles, et de jouir plus longtemps d'une qualité de vie quotidienne supérieure et plus saine.

La majorité des personnes âgées ne profite pas encore des bienfaits de l’ère numérique – des communications et des services en ligne peu coûteux qui pourraient leur permettre de satisfaire une partie de leurs besoins réels – étant donné que seulement 10 % d’entre elles utilisent l’internet. Des problèmes visuels ou auditifs, ou un amoindrissement de leur dextérité, découragent de nombreuses personnes âgées (21 % des plus de 50 ans) de s'aventurer dans la société de l'information.

Pour faire face à cette situation, le plan d’action présenté aujourd’hui vise à:

* surmonter les obstacles techniques et réglementaires au développement du marché, en évaluant les marchés et en facilitant l’échange de bonnes pratiques entre États membres;

• sensibiliser et élaborer un consensus grâce à la coopération entre les parties concernées en 2007 et établir un portail internet des bonnes pratiques;

• accélérer l’adoption des technologies, par exemple au moyen d’un ensemble de projets pilotes et d’un système européen de récompenses pour les maisons intelligentes et les applications destinées à favoriser l’autonomie;

• stimuler la recherche et l’innovation, en soutenant sans retard un programme de recherche conjoint entre les secteurs public et privé, consacré à «l’assistance à l’autonomie à domicile». Ce programme vise à favoriser l’émergence de produits, services et systèmes innovants fondés sur les TIC, au profit de la population vieillissante de l'Europe.

D’ici à 2013, l’Union européenne et ses États membres, ainsi que le secteur privé, investiront ensemble plus d’un milliard d’euros dans la recherche et l’innovation pour «bien vieillir»: environ 600 millions d’euros devraient être investis dans le programme d’assistance à l’autonomie à domicile; 400 millions d’euros dans le dernier programme-cadre de recherche de l’UE (voir IP/06/1590) et environ 30 millions cette année dans le programme d’appui stratégique en matière de TIC (voir IP/06/716).

Le plan d’action et le programme de recherche permettront d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées, de réaliser des économies non négligeables dans les soins de santé et les services sociaux et créeront une base industrielle solide pour les TIC associées au vieillissement en Europe. L’Europe elle-même pourrait aussi devenir un marché de pointe pour les TIC au service d’un vieillissement de qualité; comme le vieillissement est un phénomène mondial, une industrie forte en Europe trouverait des débouchés partout dans le monde. Par ailleurs, la recherche destinée à mettre au point des appareils plus pratiques et plus simples, d’une utilisation plus facile, trouvera un champ d’application beaucoup plus vaste.

Informations générales:

«Bien vieillir dans la société de l’information» est une initiative phare de la Commission européenne destinée à promouvoir une société de l’information européenne ouverte à tous (voir IP/05/643). Elle fait partie intégrante de l’initiative de l’Union européenne i2010 – Une société de l’information pour la croissance et l’emploi (voir IP/05/643). En 2005, la Commission a adopté une stratégie sur l’accessibilité des produits et services en ligne (voir IP/05/1144)) et en 2006, à Riga, les États membres se sont mis d’accord sur un agenda politique en faveur d'une société de l'information accessible fondée sur l'inclusion (voir IP/06/769). D’ici la fin de 2007, la Commission adoptera une communication sur sa stratégie future en faveur de l’e-inclusion.

Pour plus d'informations:

http://ec.europa.eu/information_society/einclusion

 
Source RH Seniors

20/08/2007
le
Allemagne bilan du plan RIESTER


Face au vieillissement de la population allemande et à la généralisation des bas salaires, le gouvernement Schröder avait décidé d’introduire, en 2002, une dose de financement privé dans le système public de l’assurance vieillesse via la « retraite Riester », un produit subventionné par l’Etat et partiellement défiscalisé.

Le contrat Riester permet de verser une partie de son salaire dans un fonds de pension privé. Pour recevoir entièrement l’aide de l’Etat fédéral (114 euros par adulte et 138 euros par enfants), le cotisant doit verser au moins 3 ù de son salaire annuel brut à concurrence de 1575€, puis, à partir de 2008, au moins 4% du salaire annuel brut à concurrence de 2100 euros. Ces sommes plafonds sont également les sommes maximales pouvant être défiscalisées.

Après un démarrage poussif, le nombre d’inscriptions décolle. 620 000 nouveaux contrats ont été signés au premier trimestre 2007. Au total, près de 8.5 millions d’allemand ont signés un contrat de ce type alors qu’ils n’étaient que 3 millions en 2005, selon les données publiées par les compagnies d’assurances qui gèrent ces contrats.

20/08/2007
le
Les gens devront épargner davantage, seul moyen de préserver leur retraite, selon l'OCDE

07/06/07 - Les populations des pays de l'OCDE devront épargner davantage en vue de leur retraite suite aux profondes réformes des pensions introduites ces dernières années, constate l'OCDE dans son nouveau rapport rendu public le 7 juin. La promesse de pension moyenne dans 16 pays de l'OCDE étudiés a été réduite de 22 %. Pour les femmes, la réduction est de 25 %.
L'OCDE note, dans l'édition 2007 de ce rapport, que dans deux pays seulement - Hongrie et Royaume-Uni - les promesses de pension ont augmenté en moyenne. En Allemagne, en France, en Italie, au Japon et en Suède, les prestations futures seront réduites de 15 à 25 % et, même de plus de 30 % au Mexique et au Portugal, par rapport à ce à quoi les gens auraient eu droit avant les réformes. L'impact sur les travailleurs varie à travers les pays de l'OCDE. Plusieurs pays ont davantage axé leurs prestations sur les retraités les plus pauvres, et tout particulièrement le Mexique, le Portugal et le Royaume-Uni. L'Autriche, la France, l'Allemagne et la Suède ont aussi  protégé les personnes à bas revenus. Les réformes vont dans le sens opposé dans d'autres pays. Une des conclusions du rapport de l'OCDE est que cela peut accroître le risque de pauvreté pour les retraités qui n'ont pas été couverts par le système durant toute leur carrière. L'élément le plus commun des réformes est un changement de l'âge d'accès à la pension. Lorsque les réformes auront été menées à leur terme, la plupart des pays de l'OCDE auront un âge normal de la retraite de 65 ans. Rares sont les pays qui, comme la France, prévoient d'avoir un âge d'accès à la pension inférieur à 65 ans. Bien que les réformes des pensions introduites dans l'ensemble de la zone de l'OCDE soient importantes et indispensables pour l'équilibre des systèmes de pension, il faut faire plus encore. Par ailleurs, le problème des départs anticipés à la retraite demeure dans de nombreux pays.

http://www.oecd.org/document/2/0,3343,fr_2649_201185_38727682_1_1_1_1,00.html
18/06/2007
le


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