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MODES ET METHODES

benoit_pericard_2013 Faut-il réhabiliter les foyers logements ? A cette question, notre invité au petit déjeuner-débat que l'Institut organisait le 12 juin dernier avec la Gazette Santé-Social, François GEORGES, Président d'ACAPACE et fondateur des Jardins d'Arcadie, n'a pas hésité à répondre par l'affirmative.

Et pourtant, qui parle encore des foyers logements, autrement que comme un mode d'hébergement dépassé, en voie d'extinction ? Et pourtant, qui aurait osé la comparaison entre ce qui fait penser à beaucoup à des résidences de luxe, inspirées de ces villages américains réservés aux riches séniors (et qui nous apparaissent plus comme des ghettos que des havres de sérénité) et des locaux exigus, vieillis, dans lesquels on imagine mal se voir vivre dans quelques années, alors même que notre état de dépendance ne nous dirigerait pas encore tout droit vers un EHPAD, nouveau passage obligé vers les Enfers de la Mythologie ?

Il faut dire qu'en posant le sujet de cette rencontre sous la forme d'une question provocante : "La fin des EHPAD", nous prenions le risque de réponses franches, sans langue de bois, et surtout sans référence à la mode. Car, ne nous y trompons pas, la mode existe, même dans les politiques publiques, et même dans le monde du vieillissement : le déferlement médiatique sur la silver économie en est la preuve, comme nous le disions dans la précédente newsletter, mais aussi "l'ehpadisation" massive au détriment de toute autre formule.

Notre second invité, Michel BALLEREAU, du Groupe Le Noble Age, plaidait avec conviction que la seule réponse qui vaille consiste à répondre à la demande des personnes âgées et de leurs familles, quel que soit leur état, en offrant une large palette de services et de formules ; il demandait pour cela que l'on fasse confiance aux acteurs, aux promoteurs de projets, et que les organismes de tutelle, Etat, départements, ARS, troquent leurs postures de contrôleurs pointilleux pour une véritable contractualisation stratégique... Las, le changement ne serait pas seulement alors celui d'un revirement d'une mode , mais bien celui d'un changement de méthode, en profondeur !


En matière de méthode, qui oserait dorénavant remettre en cause l'évaluation d'une part et la transparence d'autre part? L'évaluation c'est l'exercice auquel s'est astreint, avec brio, Stéphane LE BOULER, en concluant nos échanges sur les EHPAD. Celui qui avait, du temps pas si lointain où un organisme public s'appelait le Commissariat Général au Plan, rédigé le rapport (*) qui fait encore date huit ans plus tard sur les besoins prospectifs d'hébergement des personnes vieillissantes, a reconnu que l'objectif quantitatif avait été atteint, pour ce qui concerne les EHPAD, mais il fustige l'absence d'une véritable stratégie qui aurait donné le cap et du sens ainsi que l'incapacité à imposer une véritable coordination gérontologique, fondement indispensable à toute politique de services aux seniors.

La transparence est aussi une méthode vertueuse : c'est au moins une garantie de l'exercice démocratique et le complément en continu du bulletin de vote sporadique. Elle est substantielle désormais à toute réforme en profondeur. Celle qui s'ouvre en matière de retraites est résolument placée sous le signe de la transparence : tout est mis sur la table par un rapport initial ; tout est discutable au sens positif du terme. Mais rien ne sera définitif, ni même tranché en profondeur, car, comme le dit lui-même le nouveau Secrétaire Général de la CFDT, le pays n'est pas mûr pour une réforme systémique.
Modes et méthodes de l'action publique... Si nous demandions aux plus jeunes de trancher, peut être feraient ils preuve de plus de sagesse, c'est-à-dire d'audace ! Car prenons garde qu'au niveau d'un pays, comme le dit le grand critique George Steiner, en évoquant son incapacité à tout comprendre en vieillissant, ne "vienne décembre en nous même" !

 


(*) Prospective des besoins d'hébergement en établissement pour les personnes âgées dépendantes - Premier volet : détermination du nombre de places en 2010, 2015 et 2025 : Stéphane Le Bouler, Commissariat au Plan.

Nous avons dû reporter notre projet de voyage en Corée ultérieurement faute d'inscrits en nombre suffisant : nous rechercherons les moyens de proposer cette indispensable ouverture sur le monde de manière compatible avec des ressources qui se font plus rares.

 
     
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