Malgré les chiffres qui continuent à enfler (actuellement plus de 120 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France), on peut tout de même parler « d'espoir raisonnable » dans la maladie d'Alzheimer. succès Plus de 300 personnes ont participé hier à Nice au VIIe Forum Santé du groupe « Nice-Matin ». Deux bonnes nouvelles ont été annoncées
L'augmentation annoncée du nombre des centres de dépistage précoce des troubles de la mémoire, l'arrivée des nouveaux médicaments, et surtout l'annonce de la reprise - en 2008 - des essais thérapeutiques sur un vaccin anti-Alzheimer, constituent autant de raisons d'espérer, face à un fléau qui touche aujourd'hui 800 000 personnes en France, et « entre 50 et 100 millions dans le monde ».
On estime en effet - et c'est un des problèmes de cette pathologie - que la moitié des malades ne sont pas encore diagnostiqués.
« Alzheimer, les nouvelles pistes », c'était, hier soir, le thème du VIIe Forum Santé du groupe « Nice-Matin », organisé avec la collaboration des laboratoires AstraZeneca, et la participation de deux experts de renommée internationale. Un clinicien : le Pr Philippe Robert (CHU de Nice), et un chercheur : le Dr Frédéric Checler (Sophia Antipolis), tous les deux membres du Plan national Alzheimer voulu par Nicolas Sarkozy (1).
Les résultats encourageants de la vaccination
Rappelons que les premiers essais de vaccination anti-Alzheimer, d'abord menés aux États-Unis en 2002, puis en Europe en 2003 (à Nice notamment), avaient été suspendus, à la suite de sérieux effets indésirables d'encéphalites inflammatoires chez certains patients qui avaient reçu le vaccin. L'autopsie des patients décédés avait cependant révélé les effets plutôt encourageants du vaccin : « Leurs plaques séniles avaient disparu? », comme l'a rappelé, hier, Frédéric Checler. Un résultat très positif lorsque l'on sait que la présence de ces « plaques séniles » dans le cerveau est une des causes principales de la maladie d'Alzheimer.
L'annonce de la reprise prochaine des expérimentations vaccinales, « en préventif comme en curatif », même si le vaccin n'est pas pour demain, doit donc être prise avec un optimisme modéré, mais c'est incontestablement une belle lueur d'espoir dans l'univers bien sombre d'Alzheimer.
Autre bonne nouvelle annoncée, hier, par les deux invités du forum : la mise en place, bien avancée, grâce une collaboration CHU de Nice-Sophia Antipolis, d'une banque de « marqueurs biologiques » prélevés sur les patients atteints de la maladie.
Bientôt un test de dépistage sanguin ?
En France, Paris et Nice disposent dans ce domaine d'une belle avance, et cette base de prélèvement sanguins et de tissus cérébraux notamment, pourrait constituer un « outil exceptionnel de recherche sur les facteurs de risque de la maladie ». En d'autres termes, cela pourrait permettre d'élaborer des tests biologiques capables de diagnostiquer de façon très précoce le déclenchement de la maladie. Or, tous les « alzheimerologues » sont unanimes à dire qu'un traitement précoce, avec les molécules disponibles aujourd'hui, peut éloigner l'entrée dans la démence, et faire gagner « bien des années de bonheur ».
Une stratégie qui pourrait s'avérer très payante au moment où une équipe américaine (Université de Stanford. Californie, États-Unis) vient d'annoncer (Nature Medicine. 14 octobre 2007) qu'elle avait identifié dans le plasma sanguin des marqueurs biologiques (18 protéines) capables de dépister la maladie d'Alzheimer « avec 90 % d'exactitude ».
Si ces travaux se confirment à grande échelle, ce « profil sanguin » deviendrait ainsi « le premier test diagnostic non invasif pour la maladie d'Alzheimer ».
Restera alors de nombreux aspects éthiques à régler, en particulier quand il faudra annoncer à une personne de 50 ou 60 ans, parfaitement saine, qu'elle est susceptible de développer un Alzheimer dans les prochaines années à venir? Mais on en n'est pas encore là.
Source : Nice Matin, 24 octobre 2007