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MATHUSALEM (France)
Auteur : Duthil Gilles / Levy Claire
Retraites : la loi Fillon insuffisante ?
L’âge des départs : un impact limité. Augmentation de la durée de cotisation ouvrant droit à une retraite à taux plein, alignement du public sur le privé, système de décote et de surcote… la réforme de 2003 incluait plusieurs dispositions censées retarder l’âge de départ en retraite. Elles pourraient, au total, avoir un effet limité selon le Conseil d’orientation des retraites. Le rapport du Cor estime l’allongement moyen de la vie professionnelle à un an et demi dans la fonction publique et seulement deux mois et demi dans le privé.
En conséquence, en 2020, la population active ne devrait compter approximativement que 400.000 personnes supplémentaires*, selon le Cor, ce qui représente un impact « quasiment nul » sur la masse des cotisations : environ 0,05 point de PIB**.
L’impact financier. Par ailleurs, la loi de 2003 prévoyait
une série de mesures d’économies. Leurs incidences financières sont « conformes aux ordres de grandeur des chiffres annoncés au moment de sa présentation », estime le Cor. Ainsi, les économies engendrées par la réforme seraient d’environ 5 milliards d’euros en 2020 pour le régime général, et de 12 milliards à la même date pour la Fonction publique et la CNRACL (Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales).
C’est insuffisant. Si l’on en croit les projections du Cor, les besoins de financement du système de retraite français iront bien au-delà, quelles que soient les hypothèses retenues sur le plan macro-économique (chômage, productivité, natalité, mortalité, immigration).
Ainsi, en 2003, point de départ des projections, les dépenses de retraite s’élevaient à 200 milliards d’euros, soit 12,8% du PIB. Le scénario de base sur lequel a travaillé le Conseil les fixe à 310 milliards d’euros (13,7% du PIB) en 2020 et 570 milliards d’euros (16% du PIB) en 2050. Malgré les effets de la réforme, il manquerait 18 milliards d’euros à l’horizon 2020 et 112 milliards d’euros trente ans plus tard pour équilibrer les régimes. L’utilisation du fonds de réserve peut atténuer dans un premier temps les efforts à consentir, mais cette solution ne peut être que temporaire.
L’échéance de 2008. Le Conseil souligne donc à nouveau la nécessité de relever le taux d’emploi des seniors. Il présentera par ailleurs un nouveau rapport fin 2006, consacré à des questions telles que les régimes spéciaux, les besoins de financement, l’indexation des retraites ou l’évolution du minimum de pension après 2008. A cette date, la loi Fillon prévoit un premier rendez-vous, destiné à évaluer l’impact de la réforme et à en modifier éventuellement certaines mesures.
* Par comparaison à une situation sans réforme
** En part de PIB, et compte tenu de la hausse de taux de cotisation de 0,2 point au 1er janvier 2006.
06/07/2006
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Mission sur le financement de la dépendance
Face à une augmentation des dépenses inévitable, la seule décision prise ces dernières années a consisté en la création de la Caisse nationale de solidarité autonomie, financée par la suppression d’un jour férié. « Si rien n’est fait, la part restant à la charge des personnes âgées et de leurs familles (en moyenne 1 200 euros par mois pour une place en maison de retraite - NDLR) risquerait de s’alourdir », convient Philippe Bas. Une mission d’étude sur des modes de financement complémentaires a été confiée à Hélène Gisserot, procureur général honoraire auprès de la Cour des comptes. Elle devra « envisager » la création « d’une nouvelle branche de protection sociale » et « l’instauration d’une couverture complémentaire autonomie », sur le modèle des complémentaires maladie et retraites. Conclusions attendues début 2007.
06/07/2006
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PLAN DE SOLIDARITE GRAND AGE : précisions de Philippe BAS
Philippe BAS a détaillé le 27 juin dernier le plan de 2,3 milliards d'euros sur cinq ans pour lutter contre la dépendance ou améliorer sa prise en charge, aannoncé à Bergerac fin mai par Dominique de VILLEPIN.
Il entend favoriser le maintien des seniors à domicile, ouvrir les maisons de retraite sur la ville et adapter l'hôpital aux personnes âgées.
Dès 2007, une consultation gratuite de prévention sera proposée systématiquement à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans. Grâce à un questionnaire et à des examens, le médecin généraliste pourra détecter les facteurs susceptibles de conduire à la dépendance: troubles de l'équilibre ou de la mémoire, dénutrition, dépression, incontinence, chutes...
L'espérance de vie s'accroît chaque année d'un trimestre et elle dépasse désormais 80 ans en France.
Le nombre de personnes de plus de 85 ans devrait passer de 1,1 million en 2005 à 1,9 million en 2015. Et celui des personnes dépendantes va probablement s'accroître lui aussi. Aujourd'hui, plus d'un Français sur quatre a au moins un parent touché par une maladie du cerveau (Alzheimer, Parkinson ou autres).
L'enveloppe de 231 millions d'euros dédiée aux services à domicile, les aides ménagères essentiellement, sera augmentée de 24 millions en 2006 pour diversifier les services (courses, accompagnement chez le médecin, démarches administratives, plateaux-repas, jardinage, bricolage...). Les employés intervenant à domicile seront formés à repérer les signes avant-coureurs de la dépendance.
Le nombre de places d'hospitalisation à domicile passera de 8.000 actuellement à 15.000 en 2010. Les places de SSIAD (services de soins infirmiers à domicile), aujourd'hui au nombre de 87.000, vont augmenter de 40% en cinq ans.
Philippe Bas veut en outre créer un véritable "droit au répit" pour les familles qui s'occupent d'un parent très dépendant ou souffrant d'une pathologie difficile à prendre en charge (trouble de la mémoire, de la marche...). Le proche d'un malade d'Alzheimer doit souvent l'assister jusqu'à 18 heures par jour, ce qui peut l'épuiser. Afin de "souffler", il pourra confier son parent dépendant quelques heures ou quelques jours à une maison de retraite (2.500 places d'accueil de jour et 1.100 places d'hébergement temporaire seront créées annuellement ces cinq prochaines années). Ou s'il s'absente un temps de chez lui, il pourra recruter un professionnel de l'aide à domicile qui sera présent sur place 24 heures sur 24, sur le modèle du "baluchon" canadien.
Philippe Bas veut aussi "inventer la maison de retraite de demain", ouverte sur le monde extérieur. Outre l'accueil de jour et l'hébergement temporaire, elle assurerait des aides et des soins infirmiers à domicile. Les personnes âgées résidant en ville pourraient participer aux animations aux côtés des pensionnaires. Il existe actuellement en France 610.000 places en maison de retraite, dont 390.000 en maison médicalisée. Dix mille places avaient été créées entre 2004 et 2005 dans le cadre du plan "Vieillissement et solidarités" lancé en novembre 2003 par le gouvernement Raffarin après la canicule meurtrière de l'été précédent. Dix mille places supplémentaires doivent encore être créées d'ici 2007.
Et le plan "Solidarité - Grand âge" de Philippe Bas entend continuer de créer 5.000 places en établissement chaque année. Il vise aussi à améliorer l'encadrement des pensionnaires des maisons de retraite, de 0,57 personnel pour un résident actuellement à 0,65 dans cinq ans. Ce ratio devrait même atteindre un personnel pour un résident dans le cas des personnes très dépendantes. Pour ce faire, il va falloir recruter 40.000 professionnels par an ces dix prochaines années dans les métiers du grand âge, depuis l'aide à domicile jusqu'au directeur d'établissement. Enfin, pour que la personne âgée ne devienne pas dépendante au cours d'une hospitalisation, Philippe Bas propose de développer la médecine gériatrique à l'hôpital. Le but: préserver la marche, la continence, l'orientation et la nutrition afin que le patient puisse ensuite regagner son domicile.
28/06/2006
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L’UNA EN QUETE DE SENS
André Flageul, le président de l'UNA (Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles) a présenté à ses adhérents lors de l'assemblée générale du 22 juin dernier, un projet de Manifeste.
"Je souhaite que ce Manifeste soit un instrument servant à interpeller nos interlocuteurs, les décideurs publics... Il sera le faire-valoir de nos idées, nos valeurs, nos positions ouvrant l'espace au débat citoyen" précise André Flageul.
"Je souhaite ainsi renforcer la visibilité nationale des positions politiques de l'UNA".
Les adhérents auront ainsi un outil de lobying ainsi qu'un support présentant les idées de l'UNA, afin que "nos concitoyens puissent se situer", précise André Flageul.
"Nous avons soumis cette idée de Manifeste à une table ronde de parlementaires. Elle a été bien accueillie.
L'été sera propice à nos échanges internes.
Le manifeste sortira à la rentrée 2006. souligne André Flageul.
Les cinq points clés du Manifeste UNA dans sa version actuelle :
- Pour le droit fondamental et universel à vivre à domicile (à inscrire dans une loi)
- Pour la garantie du libre choix des usagers au regard de l'aide à domicile
- Pour une révision des financements de l'aide à domicile (tarification...)
- Pour de vrais emplois et de vrais métiers
- Pour une autre façon d'entreprendre (économie sociale et solidaire)
28/06/2006
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Les clés du Bien vieillir
c’est le sujet d’une étude menée pendant 3 ans par les centres de prévention* Agirc et Arrco sur près de 12 000 personnes de plus de 55 ans leur ayant rendu visite.
À partir d’entretiens menés par un médecin puis par un psychologue, il s’agissait d’analyser la situation de chaque personne, d’un point de vue médical, psychologique et social. Hygiène de vie et alimentation, activité physique, état de santé, moral, antécédents personnels ou familiaux, qualité des relations conjugales, familiales et sociales, habitat, revenus : autant de facteurs passés au crible, l’objectif étant de dresser un état des lieux le plus exhaustif possible des habitudes de vie… bonnes et moins bonnes !
Au final, au premier rang des atouts : un bon niveau de vie, une alimentation diversifiée et équilibrée, un suivi médical de qualité et une bonne hygiène de vie.
Mener une vie sociale et familiale bien remplie et conserver des activités physiques et intellectuelles sont également d’indubitables facteurs positifs. S’occuper de ses petits enfants, se tenir au courant de l’actualité, bouger, s’engager dans une association, aller au cinéma ou au théâtre, voyager : autant de manières de garder la forme… et le moral ! Ainsi, la plupart des personnes souffrant d’anxiété ou de dépression souffrent également d’isolement social et du manque d’activités. "En fait, l’essentiel est d’avoir envie de vivre, de se sentir concerné par ce qui se passe autour de nous et au final, de se sentir utile", résume le Dr de Galbert, responsable du centre de prévention de Grenoble. De même, chez les personnes atteintes de troubles de la mémoire, c’est le niveau d’activité qui constitue le facteur clé, devant l’âge, le niveau de vie ou le fait de vivre ou non en ville.
La santé constitue, bien sûr, un autre facteur de poids dans la réussite de son vieillissement. Ou plutôt que de parler de santé, mieux vaudrait parler de "perception" d’état de santé. Et de ce côté-là, ça va plutôt bien, merci ! 91 % des personnes interrogées s’estiment satisfaites : 5 % jugent leur état de santé "excellent", 38 % "bon", 48 % "correct", et seulement 5 % "mauvais". Là encore, le degré d’activité et le niveau de vie ont un impact déterminant sur ces auto-évaluations.
Les citadins – et en premier lieu les Parisiens – sont ainsi plus nombreux à se juger en bonne santé que leurs voisins de la campagne. Une "impression" qui ne reflète pas toujours la réalité médicale puisque les retraités de la capitale présentent souvent autant de pathologies, sinon plus, que les ruraux. "Cette étude souligne bien à quel point la dimension psychosociale est déterminante dans le "bien vieillir", analyse le Dr de Galbert. Ceux qui se perçoivent en bonne santé souffrent tout autant que d’autres de maladie. En réalité, quand on prend de l’âge, on s’accommode des petits problèmes de santé si leur prise en charge est efficace (lunettes, appareil auditif, traitement contre l’hypertension…)."
Et pour que ces petits tracas n’en deviennent pas des gros et continuer à bien vieillir, rien de tels que la prévention et le suivi médical ! Les problèmes d’hypertension artérielle en sont la parfaite illustration. Traitée à temps, cette maladie est aujourd’hui bien prise en charge par les médecins et bien comprise par les patients. Mieux, le fait de se savoir "porteur de risque" motiverait les malades à mieux surveiller leur santé, diminuant de ce fait le développement ultérieur de maladies cardio-vasculaires. Or, l’approche globale des centres de prévention AGIRC et ARRCO permet aussi de faire du dépistage ! La preuve : entre 2001 et 2003, les bilans médico-psycho-sociaux ont permis de découvrir une pathologie jusqu’alors ignorée chez 38 % des personnes consultantes. 11% d’entre elles se sont même découvertes deux pathologies, qui soignées à temps, pourront plus facilement être guéries.
*Les centres de prévention ont été créés il y a une quinzaine d’années par des caisses de retraite Agirc et Arrco. Objectif : aider les retraités à bien vieillir afin de prévenir la dépendance ou l’accompagner.
Aujourd’hui au nombre de huit, les centres de prévention proposent un ensemble de services dont le bilan de prévention: mené par un psychologue et un gériatre, celui-ci dure une demi-journée divisée en quatre parties : « bilan médical », « psychologique », « social » et « mémoire ». En fonction des résultats, la personne repart avec une « ordonnance de prévention » qui peut aller du simple conseil d’hygiène de vie jusqu’à l’orientation vers un suivi médical et /ou psychologique, en passant par la participation à des ateliers. Le bilan de prévention est intégralement pris en charge par votre caisse de retraite complémentaire.
24/06/2006
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