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Interview de Hugues de Jouvenel, Président du Groupe Futuribles

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L'institut Silverlife a questionné Hugues de Jouvenel sur le vieillissement, la prospective et les mécanismes de solidarité...

 

 

1) Pourquoi réfléchir sur le vieillissement à l’horizon 2020-2050?
Le vieillissement démographique en terme de catégories d’âges constitue une tendance lourde irréversible à l’horizon 2020-2050. Cela concerne le monde entier et d’autant plus l’Europe, avec notamment la France.
Cette tendance résulte de la baisse de la fécondité observée dans les décennies passées et de l’allongement de l’espérance de vie au-delà de 60 ans.

Elle pose également de nombreux problèmes :
- D’abord le problème du financement des retraites avec le déséquilibre entre nombre d’actifs cotisants et le nombre d’inactifs. Les dépenses de retraite vont augmenter et plusieurs solutions seront possibles : soit une hausse des prélèvements obligatoires, soit une baisse des pensions ou encore l’allongement de la durée de cotisation sur la durée de vie. Enfin, une augmentation des impôts est aussi envisageable pour faire face à ces dépenses.
- Cette tendance pose également le problème du Grand Age, car le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans, atteintes de pathologies et notamment dépendantes, va augmenter très fortement.
Cela renvoie au débat sur la création d’un 5eme risque de la sécurité sociale.
- Cette tendance soulève aussi la question de l’ampleur de l’effort social de la nation et les arbitrages que l’on fera entre générations. Il existe en effet un réel problème d’équité entre générations. Si l’on était amenés à favoriser le Grand Age, ce serait au détriment des jeunes générations.
- Enfin, réfléchir au vieillissement à l’horizon 2020-2050 implique de repenser l’organisation de notre société, comme le cycle de vie des personnes par exemple. Aujourd’hui coexistent le temps des études, du travail puis de la retraite. Demain le temps des études sera plus court, avec un début de carrière plus jeune et des formations tout au long de la vie. Les Français travailleront de plus en plus tard également. Nous sommes face à un défi majeur.

2) Qu’apporte la science prospective à un sujet comme le vieillissement ?
Jusqu’à présent, tous les travaux qui ont été faits sur le vieillissement reposent sur des prévisions économiques et des projections démographiques.
Or, dans une prévision et une projection, on extrapole les tendances du passé et l’on fait des simulations sur la base d’hypothèses discutables. Dans une démarche prospective, des phénomènes de rupture sont pris en compte et l’on réfléchit à d’autres configurations de sociétés.
On va tenir compte de la stratégie des acteurs (sphère politique, les usagers, l’évolution des valeurs, des comportements).

3) Comment analyser les mécanismes de solidarité ?
Il existe des solidarités familiales, et l’on peut se demander de quelle manière elles vont évoluer. En effet, si les jeunes générations ont du mal à trouver du travail, pourront-elles s’occuper des personnes âgées ?
Il existe aussi des solidarités de voisinage et l’on peut s’interroger pour savoir si « vieux riches » et « vieux pauvres » vivront chacun de leur côté, ou si il y aura une réelle mixité sociale.
Il existe également une solidarité obligatoire, comme la réflexion sur l’avenir du système de protection sociale ou le financement de la dépendance. Il peut s’agir aussi de l’obligation de prendre une assurance pour sa voiture ou une assurance obsèques, par exemple.
Enfin, il faut prendre en compte la solidarité volontaire, qui consiste par exemple à déterminer la part du patrimoine que l’on va transmettre à ses enfants.
Il existe des liens entre toutes ces solidarités et c’est ce que nous souhaitons étudier. Les banques, les mutuelles, le système fiscal et le système de protection sociale sont concernés.

 
     
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