Home


CONNEXION

(?)

(?)

     
 

Parents vieillissants, qu'allez-vous nous transmettre ?

edouard-de-hennezelSauf à lui demander de se projeter dans dix ou vingt ans, ma génération - celle des quadras - ne se pose naturellement pas la question de la vieillesse de ses parents, encore moins celle de leur éventuelle "dépendance".

Et pour cause, nos parents, encore "jeunes" et en pleine santé, ne se la posent pas pour eux-mêmes.

Dans les familles, à tous les étages, la question est donc particulièrement taboue. Même l'accompagnement de grand-parents en perte d'autonomie, ou atteints de la maladie d'Alzheimer, ne suffit souvent pas à délier les langues.

Atteints de "jeunisme", nos parents ont peur de vieillir.
Ils craignent de moins bien s'adapter que leurs aînés aux effets du vieillissement. Et bien plus qu'eux, ils redoutent l'éventualité d'être "dépendant".

Comment s'en étonner dans une société où l'on a porté si haut les valeurs d'autonomie, de jeunesse, de rapidité et de performance ?

Un espoir subsiste toutefois quand on sait que cette génération - celle qui a insufflé avec force les-dites valeurs - s'apprête justement à en expérimenter les limites !
Les "baby-boomers" seront en effet bientôt plus lents, plus fragiles, et parfois même "dépendants", à l'inverse de ce qu'ils auront valorisé la plus grande partie de leurs vies.
Dès lors, ne sont-ils pas les mieux placés pour créer les conditions d'un sursaut collectif en faveur des personnes âgées ?

Parmi eux, certains affirment  vouloir "vieillir autrement". Ensemble, ils imaginent de nouveaux lieux de vie pour éviter la douloureuse alternative que constituent la maison de retraite-mouroir et l'isolement à domicile. Mais surtout, ils réfléchissent aux chemins menant à ce qu'ils nomment le "bien vieillir", s'attaquant ainsi au mal largement répandu qu'est le déni de vieillesse.

Ces initiatives de "papy-boomers" préfigurent peut-être une évolution positive de notre rapport au vieillissement et au grand-âge, à condition toutefois que cette génération - "la première et sans doute la dernière à vivre à 65 ans avec autant d'argent et de bonheur" - ne s'arrête pas seulement à la manière dont elle pourra s'offrir pour elle-même une vieillesse plus heureuse que celle de ses parents.

En d'autres termes, espérons qu'elle saura aussi mobiliser ce qui lui reste d'énergie, de pouvoir et d'influence, pour que la société dans son ensemble commence à changer le regard qu'elle porte sur ses aînés.

Car, au fond, "bien vieillir", c'est aussi agir dans l'intérêt des générations futures.

Biographie Edouard de Hennezel

Edouard de Hennezel dirige le cabinet Alteus Conseil, spécialisé en communication de crise.
Il s'intéresse par ailleurs à la question de la transmission intergénérationnelle.
Il est co-auteur de "Qu'allons-nous faire de vous ?", avec Marie de Hennezel, et de "Vivez !" avec Stéphane Hessel et Patrice van Eersel, deux ouvrages publiés aux éditions Carnets Nord. Il a également collaboré à l'ouvrage de Pascal Champvert : "Prendre soin de nos aînés, c'est déjà prendre soin de nous" (éditions Carnets Nord)

 
     
Partagez cet article :
feed-image