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L’épargne « inutile » des Français

ThierryThierry Deau-29/06/2011-  L’épargne « inutile » des Français.

Président de Meridian Infrastructure, activité de Crédit Agricole Private Equity dédiée au financement en equity et quasi-equity des infrastructures en Partenariats Publics Privés (PPP).

« Avec 17% de leurs revenus épargnés, les Français font figure d'exception. Une épargne qui finance avant tout les grandes sociétés. Et si elle devenait plutôt un outil pour le développement économique pour l'Etat ?

 On en parle peu, mais l’épargne financière des Français est une « anomalie » qui illustre une certaine exception nationale. Ainsi, alors qu'au Royaume Uni, même après la crise financière, le taux d'épargne atteint péniblement les 5%, les ménages français épargnent actuellement 17 % de leurs revenus, un niveau qu'on n'avait plus vu depuis 1983.

L'épargne financière accumulée des Français représente à l’heure actuelle environ 5 000 milliards d’euros, pour un PIB d’un peu moins de 2000 milliards d’euros et une dette publique de quasiment 1600 milliards. 

Il serait temps de s’interroger sur les actifs vers lesquels ces sommes considérables sont orientées. En d’autres termes, est-ce que ce formidable atout que représente l’épargne des Français est bien utilisé ?

Actuellement, les solutions offertes aux particuliers pour épargner en vue de leur retraite sont nombreuses, et généralement assorties d’avantages fiscaux : plans individuels (PEA, PERP, assurance-vie ou contrat Madelin pour les travailleurs indépendants), plans proposés aux salariés par leur employeur, tels que des plans d’épargne salariale (PEE, PEG ou PERCO) ou plans collectifs d’assurance retraite.

L'épargne ne finance ni l’investissement de long terme ni les PME/PMI

Quelle que soit la solution, les Français ont le choix entre de nombreux supports de gestion financière pour investir leur épargne : sicav bancaires de toutes sortes, actions de grandes sociétés cotées ou fonds à taux garanti proposés en assurance-vie.

L’Etat ne pourrait-il pas s’appuyer sur cette formidable capacité financière collective pour en faire un outil de son développement économique à moyen et long terme ?

En effet, l’épargne française n’est pas seulement une exception, elle est aussi un paradoxe : elle finance avant tout les grandes sociétés. Elle ne finance ni l’investissement de long terme ni les PME/PMI dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles créent des emplois, les FCPI et FIP défiscalisants investis dans les PME/PMI étant une exception à l'avenir incertain. Alors que les Français pourraient très simplement avoir accès à une épargne plus rentable et tout aussi sûre pour financer leurs retraites.

Cette classe d'actifs qui échappe à une très grande majorité de Français, ce sont les fonds de capital investissement. Les épargnants particuliers en sont bien pénalisés puisque ces fonds ne sont pas accessibles aux investisseurs individuels alors qu'ils sont à la fois plus rentables et souvent plus sécurisés que les actions cotées.

Ces fonds sont investis en titres non cotés en bourse, des actions de PME/PME ou encore des projets d’infrastructures tels que des ponts, des routes, des lignes à grande vitesse, des hôpitaux ou encore des écoles. Ils servent à la fois l'intérêt économique et l’intérêt général, en orientant directement les flux de l’épargne dans l’économie ou dans des projets collectifs de long terme.

Il s’agit là du type « d’épargne utile et responsable » dont la France manque cruellement, autrement dit de l’épargne longue, qui permet de financer la croissance, de créer des emplois et de préparer les retraites avec une utilité sociétale. Or aujourd’hui ni l’Etat, ni les entreprises ne les y encouragent. La vision de court terme prime sur le long terme.

Des fonds de capital investissement dans les produits d’épargne longue proposés au grand public

A l’heure où les Français cherchent à se constituer des revenus futurs sécurisés pour leur retraite et où ils s’inquiètent pour leur niveau de vie, il nous paraît indispensable d’attirer l’attention des Pouvoirs Public sur la nécessité de quelques réglages techniques pour introduire ces fonds de capital investissement dans les produits d’épargne longue proposés au grand public, et aux salariés en particulier.

L’économie française ne s’en portera que mieux : accroître  des flux d’épargne vers les fonds de capital investissement permet de soutenir les pans les plus dynamiques et innovants de l’économie française.

C’est aussi la responsabilité des entreprises, où les partenaires sociaux jouent un rôle crucial vis-à-vis des épargnants salariés. En effet, employeurs et syndicats choisissent les produits et les gestions financières qui sont proposées aux salariés et par là, ils engagent leur responsabilité et leur réputation. Ils doivent donc s’impliquer et s’informer sur les atouts de ces fonds non cotés plus utiles, souvent plus performants et plus diversifiés que les traditionnels fonds en actions de l’entreprise par exemple.

Face à des constats largement partagés, il est donc temps d’agir ! Il est possible d’orienter l’épargne des Français de manière à investir pour la collectivité et pour le futur.

Il est de l’intérêt général que les Pouvoirs Publics œuvrent en ce sens et que les entreprises, les partenaires sociaux aident les salariés à devenir des investisseurs avertis en préparant notamment leur retraite. Que les Français soient libres de choisir d’épargner utile et notre économie aura tout à gagner. »

 
     
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